Edito du Président - Confluence n°6
Les inondations provoquées par la tempête Xynthia en février dernier ont entraîné de gros dégâts humains et matériels. Comme toujours, en pareilles circonstances, elles ont réveillé le vieux débat de la maîtrise de l’urbanisation, de la construction et de la gestion des digues de protection, de l’indemnisation, de la délocalisation, de la responsabilité, qui rend complexe le choix des solutions les moins mauvaises à savoir les mieux adaptées à l’intérêt général.Nous, audois, qui avons vécu les inondations de novembre 1999 ne pouvons pas dire le contraire...
Nous faisons, collectivement, tout ce que nos moyens nous permettent de faire pour gérer un risque naturel en gardant bien à l’esprit que nous ne pourrons jamais le supprimer définitivement. Parmi les nombreux textes réglementaires relatifs à la protection contre les inondations, figure le décret du 11 décembre 2007 qui définit les obligations auxquelles sont soumis les propriétaires de digues pour assurer la sécurité de leurs ouvrages.L’Etat a identifié sur notre département 35 km de digues destinées à protéger des lieux habités. Le Préfet a signé un arrêté pour notifier les obligations de gestion à leurs propriétaires qui sont essentiellement des collectivités territoriales.
J’ai proposé au comité syndical du SMMAR de créer une commission de travail « digues » afin d’assister ces propriétaires dans l’accomplissement de leur obligation et nous participons également à des réflexions menées sur ce thème au plan national.
Il ressort de tout cela :
- que la gestion des digues est une action d’intérêt général qu’il convient de gérer de manière collective à l’échelle du bassin versant dans un cadre de responsabilités parfaitement clarifiées,
- qu’elle doit trouver un cadre financier pour aider les collectivités à remplir leur mission,
- que la gestion des digues suppose un niveau de compétence et de technicité particulier.
En conséquence, nous allons encourager les syndicats de bassin à aider les propriétaires dans la gestion de leurs ouvrages dans le cadre de conventions définies au cas par cas, uniquement. Cette formule permettra de lier la gestion des ouvrages avec l’organisation de la prévention et des secours définie dans le Plan Communal de Sauvegarde.Nous allons par ailleurs réfléchir à la manière la plus
rationnelle de procéder à l’exécution de cette gestion (organisation de régies, prestations externes…).
C’est dans ce sens, que le SMMAR vient de signer une convention de partenariat avec l’ENGREF qui comporte une collaboration avec les spécialistes du CEMAGREF sur cette question et notamment une formation de nos techniciens.
C’est uniquement, avec une vision collective et solidaire, et une approche globale, que nous pourrons, ensemble, gérer au mieux cette nouvelle problématique liant entretien de nos cours d’eau et sécurisation de nos populations.
Le Président,
Pierre-Henri ILHES
